lundi 3 mai 2010

J'ai craqué

Oh, ce n'est pas grand chose, mais moi qui n'avait pas l'habitude de présenter ma carte ED, carrefour, FNAC ou que sais-je encore, refusant poliment ce petit avilissement,

j'ai eu beau me battre encore et encore, après près d'an an et demie au Japon, j'ai suis bon gré mal gré moi aussi devenu un consommateur averti, profitant des réductions diverses et variés dans le pays des "points cards" (pointo caado en katakana fun).

J'ai donc sur moi, au quotidien, une douzaine de cartes dans mon portefeuille qui va jusqu'à prendre des allures féminines dans son gonflement : c'est à peine si je peux encore m'asseoir dessus.

Il y a donc, de gauche à droite : La carte pour avoir 10% de réduction sur les sandwich du 42ème étage. La carte pour avoir des réductions dans le magasin où j'achette mes costumes et mes chemises (je dois cependant avouer ne pas être un grand consommateur de ce genre de produit, ayant accepté et assumé de porter des vieux habits puisque chacun sait que ce sont les plus confortables). La carte pour avoir des cadeaux quand j'aurai acheté assez de pain dans la boulangerie près de chez moi (je rappelle que j'ai déménagé dans le quartier dit "Français").

La carte du Daimaru, qui me sert le midi quand je vais m'acheter un bento dans le centre commercial du même nom qui s'étale dans le sous sol de la tour où je travaille. La carte du coiffeur à 1,100yen : dix coupes payés, une offerte ! La carte pour avoir des boissons à 50 yens dans les distributeurs du respectable établissement qui me fait des chèques à la fin du mois.

La carte pour payer le pressing moins cher (celle là est obligatoire: on est obligé de se faire constuire une carte pour payer moins cher). Oui, j'ai essayé de repasser mes chemises au début. C'était le début, maintenant, je préfère payer 1 euros 50 et en profiter pour aller acheter du pain en face (puisque c'est en face). La carte pour payer 400yen au lieu de 700yen dans le centre sportif proche de mon ancien logement. Un de mes tsukemen préféré étant dans ce même coin, j'y vais encore parfois nager. La carte BIC CAMERA, pour avoir 10% de réduction sur les produits d'un magasin qui s'apparente à la fnac de notre beau pays (mais sans les BD).

La carte pour payer moins cher (de combien?) les produits du super marché le plus proche de chez moi où on trouve, notemment, du bon vin ainsi que du fromage... La carte pour un autre coiffeur, encore moins cher! (1000yen). La carte du Onsen à la station par laquelle on passe en rentrant sur Tokyo après avoir crapahuté dans les montagnes mitoyennes (10 onsen payés, un offert).

La carte de mon curry oudon préféré. Ce curry à tellement de goût que quand j'en bois le jus, ça me rappelle des scènes oubliées de mon enfance et me ferait presque faire l'hypothèse de synesthésie... La carte des magasins Yamaha ; pas de réduction, juste une carte d'inscription à mes cours de piano. La carte de transport.

La carte maruzen, pour avoir des réductions sur la librairie du même nom. La carte du magasin du Shinjuku où je fais mettre en cadre certains dessins qu'on m'a laissé, et enfin, la carte BNP que je porterais fièrement autour du coup comme les Japonais si je ne préférais risquer de l'oublier en la gardant dans ma poche.

Et ce stock de carte continue d'augmenter, cette photo n'inclue pas la carte des internet cafés de la région du kansai (puisque j'habite dans le kanto) ni celle du at home café qui est un maid café où j'ai bu un café hier... Et je terminerai la dessus, j'ai ma carte "je suis allé une fois au at home café". On a vu qu'il y avait des cartes "je suis allé x fois au at home café", x appartenant à l'ensemble {1,50,100,200,500,2000,5000} ou quelque chose de similaire.

Et bien figurez vous que si d'après les maid, personne ne serait en possession de la carte "je suis allé 5000 fois au at home café", il y aurait "beaucoup" de personnes ayant la carte "je suis allé 2000 fois au at home café". Je vous laisse faire le calcul du nombre d'années nécessaire pour aller 2000 fois au même endroit ; toujours d'après les maids, ces gens iraient "plusieurs fois par jours" ; c'est donc en supposant que ces personnes sont Japonaises, que je concluerai: il sont forts ces Japonais.

dimanche 2 mai 2010

katakana Fun - vous ne trouverez pas !

Ce katakana fun, vous ne trouverez pas son sens. Il s'agit de バックミラー (bakkumiraa). Alors ? Et sinon, on peut énoncer deux propriétés du Japon:
1) S'il pleut, un pourcentage de la population supérieur à 99% a un parapluie (contre 52% en France)
2) S'il fait grand soleil, un nombre non négligeable de femmes ont aussi un parapluie (contre 0% en France).

Et quoi d'autre ? Les Japonais ont un goût pour la musique : il y a un festival Chopin en ce moment, et en appelant deux semaines à l'avance, je n'ai pas réussi à avoir une place pour ce que je voulais. Normal ? Oui, mais en fait non, parce qu'il y avait quand même 820 places de disponible et que c'était le matin...

Je regrette un peu la petite église Saint Julien le pauvre...

jeudi 15 avril 2010

Je ne suis pas moqueur


Et non, je ne suis pas moqueur, vous ne lirez pas dans ce blog de moquerie quelconque, si ce n'est dans une grande finesse, apanage des esprits fins :-)

Mais quand j'ai vu dans l'ascenseur de mon petit appartement gracieusement offert par mon employeur chéri, quand j'y ai vu la nouvelle description des personnes qui gèrent la maison, je me suis dit, comme souvent : ils sont bons ces Japonais.

Il y a donc Miku-san, dont les animaux favoris sont le golden retriever (une race de petit chien) et le piranah (le piranah), et qui s'intéresse aux "teddy bear", c'est à dire aux ours en peluche. Puis il y a Miura-san, dont les sports favoris sont le foot et le baseball et qui s'intéresse au "cat cafe". Je ne commenterai pas plus avant ces faits, qui, j'espère, vous auront fait sourire un peu.

En ce qui me concerne, je suis au bout de mon étude de chopin (la révolutionaire), je monte la vitesse du premier scherzo (à ce qu'elle doit être, 120 la blanche pointée, c'est terrifiant), je déchiffre deux autres études de Chopin et je mets en place la première étude de Liszt. J'ai commencé la deuxième saison de Major, et l'épisode 102 de One piece...

Et bientôt, je vais aller parler à Miura-san pour lui demander quel est le meilleur cat café de Tokyo, et je me dirai probablement, encore une fois : "ils sont bons ces Japonais"...

lundi 29 mars 2010

les vérités selon Vincent...

J'allais buzzer avant de me rendre compte que j'avais peut-être des choses à dire, alors je me lance dans un nouveau chapitre de ce blog s'intitulant : "les vérités selon Vincent, ou, petites lapalissades des esprits fins".

La vie est une suite d'actions. Jusque là, je pense rassembler tout le monde (encore que des esprits tordus pourraient trouver à y redire,...) La vie est donc une succession d'actions entrecoupées de transitions. (Ceci peut se comprendre à différentes échelles - au niveau de la réaction chimique, par exemple, l'action se situe dans l'apport d'énergie et la transition quand l'énergie d'activation est atteinte ; au niveau quotidien, la transition est au réveil, le matin, etc...).

L'action emporte la pensée par son mouvement continue de telle sorte qu'elle devient facile, immédiate, naturelle : un travail passionnant fait oublier le souper, l'exécution d'un morceau de piano se déroule dans un espace atemporel, un match de sport occupe facilement toute une matinée. S'il n'y avait que des actions et si on pouvait les choisir à l'avance, comme on commande un menu au restaurant, vivre serait (trop) facile.

Mais il y a deux problèmes : tout d'abord, on peut se tromper de direction et revenir en arrière : vouloir changer de stratégie (agir, décider, ce n'est pas aussi facile que de commander dans un restaurant). Ensuite, il y a les transitions.

Le remède ?

Il y a des clés de compréhension, dont la première, la plus récurente, la plus saisissable, est le recul. Le recul permet de prendre de bonnes décisions ; si toutes les décisions prises le sont à la lumière du recul, il n'y a plus qu'à s'appliquer à se faire confiance : faire confiance, dans les moments de doutes, à la personne "éclairée" que l'on était au moment où on a pris la décision qu'on a prise. Si l'on prend ses décision avec du recul, alors la confiance qu'on voudra bien s'accorder fera éviter les erreurs de direction : la stratégie restera bonne.

Puis les transitions, les fameuses transitions. On est pas mécontent de faire du sport, d'être debout tôt le matin, de parler à celle à qui on a envi de parler, mais l'on ne veut pas marcher jusqu'à la salle de sport, se lever tôt le matin ou faire l'effort d'aborder quelqu'un. Il y a ici, au moins un remède qui fonctionne pour peu qu'on veuille bien s'y essayer : il s'agit de l'autosuggestion. J'en avait fait, j'ai arrêté il y a quelques années,

mais devant les nombreux animés qui veulent que je les regarde et mon piano criant qui fait la moue, je vois bien un cas très pratique de ce que je viens de conceptualiser : cette transition entre le loisir passif et l'action cathartique, elle est tellement compliquée qu'il aura fallut au moins un post sur ce blog pour la réaliser...

lundi 15 mars 2010

Expression Japonaise

Dans la série "en Japonais", voici la dernière : Comment dit-on : "je voudrais habiter à un endroit pas trop éloigné de x" (il s'agissait d'un texte sur les personnes âgés qui vivent seules).

スープが冷めない距離に住みたい, qui veut, mot à mot, dire : "je veux habiter à une distance à laquelle la soupe ne refroidit pas" ; et pour vous donner un aperçu de la grammaire, ça fait en fait : soupe ga (particule indiquant le sujet) pas froide distance ni (particule indiquant la lieu) vouloir vivre, ce qui donne :

"soupe ga pas froide distance ni vouloir vivre".

Et là, on comprend quand même qu'il est à peu près impossible de penser en Français puis traduire sa pensé en Japonais ; en classe d'Anglais de seconde, pour une composition, on nous disait : "n'écrivez pas ce que vous voulez dire, écrivez ce que vous savez dire".

Pour ne pas traverstir ses idées, le jeu, consiste donc à apprendre à savoir dire de plus en plus de choses, le but étant d'arriver à une précision assez pointue pour pouvoir communiquer avec aisance et tact.

mercredi 10 mars 2010

une nouveauté

Car qu'est ce que l'ennuie, ce monstre qui dans un baillement avalerait le monde ? ...
Et pour l'éviter, il faut des nouveautés ! A vrai dire, je ne m'ennuie vraiment pas beaucoup, et ça en serait presque un peu ennuyeux, d'ailleurs, mais l'introduction m'a parru bonne, alors pour cette tirade hors sujet, toutes mes excuses.

Et oui, il y a d'abord eu l'anglais qui me fait parler de figures quand il s'agit de chiffre et de reliabilité quand je veux parler de fiabilité, et maintenant, il y a le Japonais, qui me pousse à demander pardon en finissant mes phrases. Et, bien sûr, le Japonais dans l'anglais qui me fait rajouter un petit "I think" en guise de point de suspension, même si je suis sûr, d'ailleurs...

Ce blog n'a certainement pas le succès qu'il mérite si j'en crois le nombre de commentaires quotidiens que j'ai à le plaisir et l'avantage de recevoir, mais je préfère penser, en toute humilité, que c'est le relief de ma verve qui force à l'admiration et vous laisse sans voix ! Pour ceci, toutes mes excuses.

J'étais donc parti pour écrire sur cette nouveauté, nous y voila : c'est en attendant la suite des one piece sur utorrent et parce que mes animés de réserve, à savoir "Major" et "Full métal Alchimiste" ne me tentaient pas plus que ça, que j'ai décidé de passer le gap : même si, ici, les animés sont pour petits et grands, ce n'en sont pas moins des dessins animés alors j'ai cherché à visionner mon premier drama... (ne tombez surtout pas dans le travers qui consisterait à associer le drama Japonais au drama Indien, ça n'a rien à voir).

J'ai donc vu le drama "life", très émouvant : je recommande ; et j'ai commencé hier "nobuta wo produce" qui me fait penser, dans mon esprit, avec mes références, à une version japonaise d'un film de Kusturika en plusieurs épisodes. Il faut savoir que j'adore Kusturika, alors si je prends encore un peu de temps pour écrire ce post, c'est un vrai don de mon temps que je fais, veuillez l'accepter comme tel, sur ce, je vous laisse, très cher lecteurs.

申し訳ない、忙しいんだもん。。。

mercredi 3 mars 2010

En France : la première impression

Je (re)situe le contexte : Je suis rentré en France fin décembre après un peu plus d'un an d'exil, et même si aucun de mes souvenirs n'a pu être entaché d'une quelconque façon, j'avais quand même oublié pas mal de choses...

Il est donc 11 heures du soir, le 23 décembre et je suis à Paris depuis une heure. N'étant pas (encore) riche, je refuse de rentrer en taxi et me dirige vers le RER. Quel connotation, le RER ; ici, quand on parle du train, c'est avec une déférence rare : tout comme les jeux vidéo, les mangas ou les starlettes, les trains ont leurs otaku.

Je vais vers la machine pour tickets. Elle ne fonctionne pas, je vais donc vers une autre, qui ne fonctionne pas non plus, mais sans que ça ne soit indiqué. Je fais alors la queue derrière un groupe d'étrangers que je dois aider parce que la machine qui vend des tickets dans l'aéroport Charles de Gaulle ne les vend visiblement qu'à des francophones... Et ça dure, ça dure... C'est lent, c'est lent...

Et ce fut ma première impression, de retour au pays. Alors bien sûr, il faut en rire, y voir les bons côtés car il y en a, et ont finit tout de même par rentrer dans ce RER à l'heure, puisqu'il est en retard ; mais cette situation est complétement inadmissible, de surcroit quand on sait qu'il est possible de faire fonctionner ce système autrement, correctement.

En effet, au Japon, jusqu'à maintenant, je crois avoir vu une machine en panne en tout et pour tout, j'ai du faire une queue cumulée de moins de 15 minutes pour l'achat d'un ticket et pour ceux qui ne comprennent pas la langue locale, le bouton "English" est toujours là. C'est un exemple ; ce n'est qu'un exemple.